HISTORIQUE

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L'ÉMERGENCE DES FILMS PARLANTS

1929 - 1945

 

 

 

   

 

 

        Le Septième Art Et Le Totalitarisme

 M le Maudit, de Fritz Lang (1931)

        Attirés par le rayonnement d'Hollywood qui ne cesse de s’intensifier, et fuyant l'obscurité  d'un retour inquiétant à l'ordre moral dans certains pays, plusieurs cinéastes européens se rendent en France pour émigrer ensuite aux États-Unis. En Allemagne, l’humiliation de la défaite de 1918, et la misère persistante des années 1920, donnent naissance puis favorisent le développement du nazisme. C'est face à une suite de mesures préoccupantes prises par ce nouveau régime, qu'au lendemain du tournage de M le Maudit, le réalisateur allemand Fritz Lang gagne l'hexagone, où il met en scène Liliom, puis décide de quitter le vieux continent pour s’installer en Amérique. Leontine Sagan, elle, venait de présenter son premier film, intitulé Jeunes Filles en uniforme, dans lequel les spectateurs découvrent l'autorité excessive d'une vieille directrice de pension. Avec une mise en scène rigoureuse et imaginative, elle y dénonce, apercevant peut-être les prémices de l’effroyable haine qui va en découler, le retour, de manière un peu trop prononcée, à l'ordre moral.  

 

        Au même moment, en URSS, Lioubov Orlova interprète Serdtsé, un tango mémorable, dans Volga-Volga deVolga-Volga, de Grigory Alexandrov (1938) Grigori Alexandrov, et devient ainsi l'un des premiers acteurs soviétiques à connaître la  célébrité. Lénine et ses hagiographies présentées par Mikhaïl Romm dans Lénine en Octobre ou Lénine en 1918, intéressent en revanche de moins en moins la foule, qui, d'ailleurs, se lasse aussi, bien qu'ils aient eu leur moment de gloire, des films comme celui de Kheifitz et Zarkhi, où un paysan devient un membre du gouvernement. Pour Les joyeux garçons au contraire, le public est au rendez-vous, et les salles de cinéma ne cessent de se remplir. Quant à Alexandre Nevski, présenté en 1936, il se distingue par sa rigueur et sa musique composée par Prokofiev. Mais ce film permet surtout à Eisenstein, son réalisateur, de rentrer pour un temps dans les bonnes grâces du pouvoir stalinien, après avoir, quelques années auparavant, dû renoncer à une mise en scène satirique intitulée Maxime Maximovitch Maximov.

        

        Le cinéma italien, lui, ne produit plus d'œuvres remarquables depuis 1914. En effet, l'année qui annonçait Les Hommes quels mufles, de Mario Camerini (1932) les prémices de la première guerre mondiale, a aussi signé la fin des mises en scène monumentales, qui, dès 1910, avaient donné au cinéma italien une renommée internationale. Au cours des années 1930, ces super productions, preuves d'une période fastueuse de l'industrie cinématographique, deviennent les matrices du régime mussolinien. Cependant, la plupart des réalisateurs s'enferment dans les studios pour y tourner des films extrêmement standardisés, où les acteurs autant que les actrices conjuguent, un mouchoir de soie sur le nez, les sanglots de leurs amours mortes. Seules des réalisations comme Les Hommes quels mufles, en 1932, ou Grands Magasins, en 1939, toutes deux signées par Mario Camerini, peignent, avec un regard encore timide,  l'atmosphère pesante qui plane sur l'Europe. Ce n'est qu'à l'arrivée du néoréalisme, après la fin de la seconde guerre mondiale, que le cinéma italien renouera véritablement avec le tournage en extérieur, pratiqué au début du siècle.  

 

 

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