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Son ancrage dans l'histoire peut parfois donner au drame épique
l'aspect d'un documentaire ; cependant il s'en distingue du fait
que la vérité n'est pas le critère fondamental de l'œuvre. Les
metteurs en scène de ces films prennent compte des évènements
historiques mais les montrent sous un certain angle, de façon à
ce que le parcours du personnage principal ait les apparences d'un
destin. C'est généralement la vie d'hommes et de femmes hors du
commun, animés par le désir de transformer la société, qui
donne lieu aux drames épiques, bien que quelques fois ce soit un
épisode marquant de l'histoire qui en soit le sujet.
Les biographies de
grands hommes font naturellement partie de ce genre, car cela
s'avère extrêmement difficile de rester objectif sur l'existence
d'un homme à qui est consacré un film entier. Bien que la mort
mette un terme aux jours du héros, les épopées hagiographiques
sont aussi de vrais drames épiques, puisque le personnage central
a accompli sa prodigieuse destinée. Des mises en scène telles
que Aguirre, la Colère de Dieu réalisé par Werner Herzog en
1972, ou Le Destin,
signé par Youssef Chahine en 1997, sont, elles, des exemples où
le héros n'est pas l'initiateur d'un mouvement révolutionnaire,
mais un homme qui combat seul contre le groupe ou l'idéologie
dominante.
Les drames épiques
renferment aussi les épopées modernes, illustrées notamment par
Taxi Driver, tourné par Martin Scorsese en 1976, où le héros
est au contraire dans l'incapacité de changer quoi que ce soit
dans le monde, bien qu'il puisse rêver de le transformer. Les
films tels que Loulou, signé par Georg Wilhelm Pabst en
1929 ou Full Metal Jacket,
présenté par Stanley Kubrick en 1987, mettent en scène les jours du personnage
principal à la manière d'un destin et appartiennent donc au
genre, même si ce destin est bien plus sombre et ne porte souvent
aucune volonté d'améliorer la société.
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