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La naissance du
genre se confond avec celle du cinéma sonore, puisque le premier
film parlant de l’histoire, Le Chanteur de
Jazz réalisé par Alan Crosland en 1927, était déjà une œuvre alliant parole, chant et danse.
Mais avant d’être une forme cinématographique clairement définie,
la comédie musicale au grand écran est dans un premier temps une
simple reprise des plus célèbres revues de music-halls de Broadway. C’est ainsi qu’en 1930, plus de 90 films tournés
sur ce principe se succèdent à l’affiche des salles obscures,
proposant invariablement, et de la même façon que sur une scène
de théâtre, un enchaînement de chants et de danses, le tout sur
une intrigue inexistante.
Mais le public s’étant rapidement lassé de ces simples
adaptations, les grandes firmes hollywoodiennes produisent alors
des films racontant une histoire, laquelle constitue le support
des intermèdes musicaux. Désormais conçues spécifiquement pour
le grand écran, les comédies musicales deviennent de véritables
spectacles visuels et sonores, autour d’une intrigue facile,
relatant le monde des numéros musicaux ainsi que les jours, les
peines et les joies de leurs protagonistes. Le plus grand créateur
de ce genre reste Busby Berkeley qui imagine des kaléidoscopes
vivants, mis en perspective par la caméra, où les arabesques de dizaines de danseuses et de nageuses
sont démultipliées par des miroirs et des jeux de lumière.
Dans un même temps, se développent des comédies
musicales à l’esthétique relativement éloignée de ces vastes
productions puisqu’elles ont pour contexte la vie quotidienne. Délaissant
la performance visuelle, ces films mettent en scène des
personnages qui débutent un pas de danse ou entonnent une
chanson, sur le lieu même où l’émotion les surprend, ce qui
leur permet d’exprimer leurs sentiments profonds. Sur les écrans,
les acteurs, dont Fred Astaire et Ginger Rogers incarnent le couple
emblématique, peuvent se mettre à chanter dans un parc, à la
patinoire ou au sommet d’un gratte-ciel, faisant ainsi du
langage chorégraphique, mélodique et poétique le prolongement
naturel d’une situation vécue.
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